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  VOYAGE de PARIS à BERLIN  
     

7 au 9 novembre 1999
Commémoration de la chute du Mur
Un compte-rendu de Claude MARTIN

         

Nous partîmes cinq de Paris mais par un prompt renfort nous nous vîmes bientôt 120 en arrivant … à Berlin.

Le Club EuroTrabi se devait de célébrer dignement et de façon originale le 10ème anniversaire de la Chute du Mur de Berlin. Il fallait d'une part, bien sûr y associer nos petites voitures TRABANT, symboles de cet événement historique qui, en 1989, les révéla au monde occidental et d'autre part, pour répondre à notre vocation européenne, inviter le maximum de clubs TRABANT étrangers. Ainsi au début de l'année, il fut décidé d'organiser un voyage en TRABANT avec départ de Paris et arrivée à Berlin le 9 novembre 1999 pour participer aux festivités locales.

Dès le printemps, un premier programme fut établi et de nombreux contacts pris avec l'ensemble des clubs TRABANT et différents media français et allemands (presse, TV, radios,…). Au début il faut reconnaître que les réactions ne furent pas très nombreuses. Tout s'accéléra en juillet dernier lorsque notre Club relança les media et prit une nouvelle série de contacts plus directs avec les clubs TRABANT européens. Un superbe article (sur deux pages couleur avec photos annonçant notre projet) qui parut cet été dans la revue allemande "Super Trabi" lue par l'ensemble des membres des clubs TRABANT européens, joua un rôle de déclencheur. Rapidement le standard téléphonique ainsi que la boite aux lettres du Club commencèrent "à chauffer". Ouf ! le pari était gagné, mais d'un autre côté nous ne pouvions plus reculer devant les 2.200 km à faire en TRABANT…

Dimanche 7 novembre -9h00 - Paris - kilomètre : 0.
Au pied des jardins du Trocadéro face à la Tour Eiffel (dont le compteur lumineux du 1er étage indiquait J - 55 ), sous un beau soleil et après les ultimes vérifications mécaniques, un dernier briefing avant le grand départ réunissait les équipages des quatre TRABANT du Club qui avaient relevé le défi, pilotées par Bernard Aumasson, Messieurs Viallet père et fils venus de Rouen, Léonard Vidali et son épouse, moi-même et Florence ainsi qu'une sympathique et indispensable "voiture balai" sous la forme d'une WARTBURG 353 conduite par Michel et Vincent Abeille (également père et fils, c'est l'une des spécialités du Club !). De nombreux membres du Club, malgré l'heure matinale était venus nous encourager à grand renfort de ravitaillement, confetti et soutien moral. Les media, (ARTE, AFP, REUTER, M6, ZDF, Berliner Morgen Post) convoqués par notre Service de Propagande, étaient présents, ils se battaient déjà pour avoir l'exclusivité du reportage, en effet des journalistes, photographes et cameramen étaient là, fébriles, pour immortaliser ce moment historique. Une mention toute particulière à ARTE, ("La chaîne des nostalgiques de l'Allemagne de l'Est" pour reprendre les termes d'un ancien député): cette dernière nous a fait le grand honneur (et le grand plaisir) de couvrir l'intégralité de notre voyage en déléguant Vladimir Vasak (journaliste présentateur d'Info ARTE, heureux propriétaire d'une TRABANT P601 Kombi et membre de notre Club). La pression montait, les visages se tendaient, les mains se crispaient sur les volants recouverts de fourrure synthétique "spéciale TRABANT", tous les acteurs et spectateurs étaient prêts et le départ fut donné à 10h00 dans le plus pur style "24heures du Mans" sous les drapeaux français et allemands de l'Est, le tout bien sûr dans un beau nuage de fumée car les moteurs deux temps étaient, à ce moment là, encore froids. L'Aventure commence, direction l'Est, direction Berlin…

Dimanche 7 novembre - 13h00 - autoroute A1 - km : 100.
Le convoi roulait déjà depuis un peu plus d'une heure à la moyenne inimaginable de 80 km/h, lorsque la première panne survint, sournoise et vicieuse, sous la forme de ratés d'allumage sur la TRABANT de Bernard Aumasson, tout cela sous l'œil froid et électronique de la caméra Betamax de Vladimir Vasak qui était à ce moment là passager dans la pauvre TRABANT (est-ce d'ailleurs réellement une coïncidence ?). Heureusement, une station service salvatrice se profilait à l'horizon. Pendant qu'une partie des conducteurs de TRABANT réconfortait l'infortuné Bernard au plus bas de sa forme, l'équipe d'assistance rapide du Club prit le problème à bras le corps et après un rapide et judicieux diagnostic décida de remplacer l'ensemble de la platine d'allumage. Aussitôt dit, aussitôt fait, et la voiture retrouva une troisième jeunesse, mais lorsque la caravane deux temps s'apprêtait à reprendre la route un événement extraordinaire se produisit… Une soucoupe volante, frappée de l'Etoile Rouge, atterrissant sur la station service n'aurait pas fait plus d'effet. Nous avons vu passer, devant l'ensemble de la colonne médusée, une drôle de TRABANT immatriculée en Allemagne avec plein de phares partout et la mention "Wir fahren nach Hause" (NDLR : "nous allons à la maison") sur la vitre arrière. La colonne stoppa net et nous nous précipitâmes tous sur le conducteur qui arborait un large sourire en forme de calandre de TRABANT P600 en nous voyant et pour cause. Explication : ce jeune allemand, qui avait eu la bonne idée de lire l'article nous concernant dans "Super Trabi" (voir ci-dessus), avait décidé de venir de sa région natale du Harz en ex-Allemagne de l'Est (soit à plus de 800 km de Paris tout de même) pour prendre le départ avec nous sous la Tour Eiffel. Nous nous sommes loupés de peu au départ de Paris et par un hasard incroyable il nous a retrouvés dans cette station service, comme quoi la panne d'allumage de la TRABANT de Bernard était bien un signe du destin et en aucun cas le fait du hasard (quel scénario ! ) . Ensuite, une nouvelle panne de carburation affecta la TRABANT de Bernard, mais elle fut rapidement maîtrisée par Michel ABEILLE. Cela nous a permis de reprendre tranquillement notre route en traversant le nord de la France (Valenciennes) puis le sud de la Belgique (Liège) pour arriver le soir vers 19h00 à notre étape de Leverkusen, près de Cologne.

Dimanche 7 novembre - 19h00 - Leverkusen - km : 512
Les représentants des clubs TRABANT de Düsseldorf et de Dortmund étaient là, devant notre hôtel, pour nous accueillir, preuve que l'Europe des clubs TRABANT ce n'est pas un vain mot et cela fait bien plaisir. Nos hôtes avaient organisé un dîner "yougoslave" propice à de nombreuses conversations très chaleureuses et fort intéressantes.

Lundi 8 novembre - 9h00 - Leverkusen - toujours km : 512
Après une nuit par définition réparatrice et un petit déjeuner partagé avec un membre d'un autre club TRABANT local, le "2-takt Rheinland", qui nous a fait l'amitié de venir nous saluer au passage (toujours l'Europe des clubs TRABANT), nous repartîmes en direction de Hanovre. Au bout de quelques minutes, nouvelle panne, la TRABANT de Léonard Vidali émettait des bruits métalliques inquiétants et bien sûr non prévus. Ce n'était que le démarreur qui ne voulait plus continuer à faire la route avec nous et qui était sur le point de tomber par terre sur l'asphalte allemande, patte de fixation cassée. L'équipe d'assistance rapide du Club (toujours elle) décida d'alléger la voiture de cet accessoire devenu inutile. Une réunion de campagne se tînt sur le bord de la route pour décider de la composition d'une nouvelle entité au sein du Club, celle de "pousseurs de la voiture de Léonard", les volontaires furent nommés démocratiquement d'office et entrèrent en action sur-le-champ, ainsi la colonne pût repartir en deux temps vers le Nord.

Lundi 8 novembre - 11h00 - quelque part entre Leverkusen et Rhynern- km : 592
La colonne progressait à un bon rythme sur l'autoroute gratuite A2/E34, lorsqu'un véhicule se plaça devant nous, il était de marque Opel, de couleurs blanche et verte arborant des gyrophares sur le toit ainsi qu'un écran lumineux où s'affichait un message : "Bitte folgen Sie uns" (NDLR : "SVP suivez-nous"), vous voyez de quoi il s'agit ? Dernier détail pour vous mettre sur la voie, les portières latérales ainsi que les capots avant et arrière portaient une inscription ne laissant plus de doute : "Polizei". La colonne, composée des quatre Trabant et de la Wartburg, dût s'arrêter, sous la contrainte, sur le bas côté de la chaussée, un couple mixte en uniforme s'avança vers nous d'un pas décidé avec un look peu enclin à la plaisanterie. Etant le premier de la colonne, il me fut demandé les papiers de mon véhicule, ces derniers furent emmenés à l'intérieur du véhicule bicolore, suspense…, retour des deux pandores germaniques qui me rendirent ma précieuse carte grise de collection (merci à la FFVE) en m'expliquant qu'ils nous avaient pris pour des conducteurs de TRABANT ex-est-allemands dans la mesure où les plaques françaises (à l'avant) ressemblent aux anciennes plaques de RDA, interdites en RFA depuis 1992. Cet épisode ne s'arrête pas là car au moment précis où l'Opel policière quitte l'aire de stationnement, coup de théâtre incroyable… une autre Opel, véritable clone de la première, entre à son tour sur le parking ! Cette fois, ce nouveau policier nous fait remarquer qu'il ne peut pas identifier l'origine géographique de nos autos par manque de plaque "F" à l'arrière, il nous obligea à mettre des "F" plus ou moins de fortune sur nos véhicules, ce que nous avons fait pour éviter tout incident diplomatique entre nos deux pays "axe majeur de la CEE" néanmoins je lui fis remarquer que sa propre auto verte et blanche "Polizei" ne comportait pas non plus de D à l'arrière et que, nous-mêmes, nous avions du mal à identifier sa provenance ! Nous partîmes vite! A mon avis notre projet avait été éventé, il y a peut-être des "taupes" dans notre Club et les autorités allemandes devaient craindre un éventuel retour en masse de TRABANT d'ex-RDA dans la nouvelle capitale de la RFA, d'où ces contrôles à répétition. C'est la seule explication plausible que je vois.

Lundi 8 novembre - 14h00 - Aire de stationnement de "Rhynerm" - km 617

Nouvelle étape à Rhynerm où les représentants du club TRABANT de Wuppertal nous attendaient et nous firent un accueil triomphal. Nous retrouvâmes avec plaisir entre autres Florian Barth qui était déjà venu à deux reprises à Paris avec sa superbe TRABANT aux couleurs de l'équipe de football du club Schalke 04. Après une série de photos de "famille", nous reprîmes la route, mais maintenant avec une colonne de 12 voitures.

Lundi 8 novembre - 17h00 - Garbsen (près de Hanovre)- km 784
Arrivée à notre nouvelle étape du soir et accueil par le club TRABANT de Hanovre le "FREUNDESKREIS DER TRABI FAHRER" en la personne de son responsable Andreas Köhler, heureux propriétaire d'un splendide Kübel vert foncé intérieur cuir bordeaux du meilleur effet et de Paul Guilbert, tous les deux co-organisateurs de notre périple (qu'ils en soient ici remerciés). Nous profitâmes des installations mécaniques de l'Ecole des Apprentis de Garbsen pour monter un nouveau démarreur sur la TRABANT de Léonard et procéder au remplacement du pot d'échappement sur ma voiture présidentielle, finis les gaz d'échappement qui pénétraient à l'intérieur du véhicule ! Autres nouveaux venus à cette étape de Garbsen en la personne de nombreux membres des clubs TRABANT de Hambourg et de Brème (soit plus de 30 nouvelles TRABANT) ainsi que ceux de notre antenne régionale de Metz avec deux autres TRABANT "françaises" conduites par Nicolas Henrion accompagné de Pierre Saueressig et par Laurent Stephano (l'homme qui a fait plus de 40.000 km en TRABANT en deux ans) accompagné de Christophe Halter. Après les officiels et néanmoins chaleureux discours de bienvenue et échanges de cadeaux franco-allemands, Paul et Andreas nous ont conviés à un dîner typiquement "Basse Saxe" à base de cochonnaille et de chou vert arrosés de bière de Hanovre et de mirabelle apportée de Lorraine par les membres de notre antenne de Metz. Ambiance hautement conviviale et discussions très animées jusqu'à une heure avancée de la nuit. Merci aux responsables de l'Ecole des Apprentis de Garbsen et à Paul Guilbert d'avoir organisé le gîte et le couvert.

Mardi 9 novembre 1999 - 8h00 - Garbsen - 784 km

C'est dans une ambiance digne d'un film d'espionnage (savant mélange de pénombre, de brouillard et de fumée deux temps) tourné dans les studios UFA de Babelsberg, que plus de 50 véhicules s'élancent pour l'ultime étape berlinoise. Le tout dans une irréprochable organisation allemande avec des numéros distribués par Paul Guilbert à coller sur la vitre de chaque auto.

Mardi 9 novembre 1999 - 10h30 - Marienborn - 882 km
Arrivée à l'ancien poste frontière de Marienborn, entre les deux Allemagnes, situé sur l'un des trois corridors routiers qui reliaient jusqu'en 1989 la RFA à Berlin Ouest. Ces trois axes étaient à cette époque sous haute surveillance militaire, longés sur toute leur longueur (environ 300 km) par du fil de fer barbelé avec, je me souviens, des aires de stationnement réservées aux occidentaux distinctes des aires utilisées par les Allemands de l'Est, avec un contraste saisissant entre les parcs automobiles de ces deux zones. Nous avons d'ailleurs retrouvé cette ambiance particulièrement pesante lors de notre visite de Marienborn, judicieusement transformé en Musée du Souvenir depuis quelques mois avec restauration des anciennes installations (postes de contrôle, miradors, grillages, zones de transit,…) exemple assez rare en ex-Allemagne de l'Est. Accueil du conservateur du site qui nous a donné (dans un excellent français) des informations très intéressantes sur les procédures de contrôle des personnes et des véhicules en vigueur jusqu'en 1989, caractérisées par une attitude de "dépersonnalisation programmée" et de longues attentes en général à l'extérieur des bureaux et des véhicules dans le froid et le vent, voire sous la pluie et la neige… A noter que grâce aux contacts pris par Vladimir Vasak avec le conservateur du Musée avant notre arrivée, nous avons eu l'autorisation exceptionnelle de faire pénétrer nos véhicules dans les anciennes installations du poste frontière ceci pour le plus grand bonheur des photographes. Après cette pause historique et émouvante, nous reprîmes l'autoroute (toujours gratuite) vers Berlin.

Mardi 9 novembre 1999 - 13h30 - Berlin - km : 1103
Le but ultime est proche, le convoi arrive dans les faubourgs de la capitale allemande par l'Ouest, nous traversons les anciennes casernes de l'Armée Rouge aisément reconnaissables par leur style architectural militaire et par la couleur beige ocre des bâtiments abandonnés et envahis par la végétation depuis le départ des occupants entre 1992 et 1994. Peu après, nous atteignons le Stade Olympique de Berlin, construit pour les Jeux de 1936. Endroit également impressionnant où nous attendaient les "régionaux de l'étape" à savoir les dignes représentants des quatre clubs TRABANT de Berlin, accueil très chaleureux, la jonction est faite entre Paris et Berlin après 1.103 km de route en TRABANT. Les terribles impératifs d'horaires imposés par le diktat télévisuel d'ARTE obligent la centaine de TRABANT à "foncer" vers le centre de la ville pour permettre à Vladimir Vasak de faire les dernières prises de vue de nos voitures devant le symbole de Berlin qu'est La fameuse Porte de Brandebourg, pour faire le pendant avec le début de son reportage fait deux jours plus tôt devant la Tour Eiffel. A nous l'Avenue du 17 Juin, la Place de la Grande Etoile avec la statue dorée de la Victoire (voir ou revoir les "Ailes du Désir" de Wim Wenders), la traversée du Tiergarten à fond de 4ème, à grand renfort de klaxons, plein phares, warnings et drapeaux français, allemands et européens pour arriver, enfin, devant la Porte de Brandebourg, objet de notre convoitise depuis des mois. Enfin, nous y sommes, Vladimir remplit ses dernières obligations professionnelles et nous garons nos TRABANT où nous pouvons, en fait devant le Monument du Souvenir orné de chars soviétiques, à la gloire de l'Armée Rouge libératrice de Berlin en 1945. Les photographes ne savent plus où donner de l'objectif, des TRABANT devant les chars russes, des TRABANT faisant la ronde au pied des colonnes de la Porte de Brandebourg, devant la "Polizei" locale de plus en plus intriguée par notre manège, leurs collègues rencontrés la veille auraient-ils déjà fait leur rapport ? La menace semble se préciser, plus de 100 TRABANT à cet endroit, cela ne peut pas être une coïncidence. Remarques entendues dans le public : "ils reviennent, c'est sûr !", "est-ce un putsch ?". Ambiance de franche rigolade dans nos rangs, oublié les 1.100 km en 2 temps et 3 jours ! A ce moment là nous n'avons pas pu passer sous la Porte de Brandebourg "d'Ouest vers l'Est" comme prévu, car le quartier derrière la Porte (du côté Est) était inaccessible à cause de la présence d'un immense podium qui devait recevoir le soir même la visite de George BUSH, Michael GORBATSCHOV, Helmut KOHL, suivi du groupe de rock "Scorpions". Pendant que Vladimir s'éclipsait vers le studio ARTE de Berlin pour faire le montage de son reportage sur notre aventure avec pour objectif la diffusion le soir même à 19h50 sur "Info ARTE" (merci ARTE…), la Police nous fit comprendre que la centaine de TRABANT garées devant les chars soviétiques cela faisait désordre. Troisième épisode comique avec la Police. En effet, devant notre manque de conviction et surtout de rapidité pour déplacer nos autos (nous, on aimait bien les TRABANT devant les chars de l'Armée Rouge), un policier brancha la sono de son véhicule, lui aussi vert et blanc, prit son micro et fit une annonce à l'attention de l'ensemble des "manifestants trabanistes" et du public, expliquant qu'il s'agissait d'une manifestation organisée par des Français (?) et qu'il convie l'ensemble des participants à un briefing improvisé devant son véhicule. Chacun obtempéra et plus de 200 personnes se groupèrent devant le policier qui nous confirma que nous ne pouvions pas rester ici et qu'il fallait retourner devant le Stade Olympique. La Police berlinoise comme porte-parole du Club Euro Trabi, personne n'avait osé imaginer cela ! Du coup, pour remercier le policier de son aide logistique, je lui offris une réplique de la Tour Eiffel en plastique (hauteur 25 cm) sous les applaudissements de la foule en délire. Mais devant le nombre croissant d'autos vertes et blanches qui commençaient à converger vers nous, nous décidâmes après une rapide consultation de notre Bureau Politique suivi d'un vote à cartes grises de collection levées de nous replier vers le Stade Olympique.

Mardi 9 novembre 1999 - 16h30 - Stade Olympique - Berlin
Retour donc devant le Stade où de nouvelles TRABANT berlinoises nous attendaient ainsi qu'une équipe de la chaîne de télévision allemande ZDF, nouvelles interviews, nouvelles prises de vue, la routine en quelque sorte ! Une fois les relations publiques avec les media achevées, nous procédâmes à l'élection des plus belles TRABANT décorées en rapport avec le 10ème anniversaire de la chute du Mur, nous constituâmes rapidement un Comité d'Election qui passa en revue la centaine de TRABANT présentes, dans le plus pur style (pour ceux qui l'ont déjà vécu) adopté par le jury du Trabi-Treffen de Zwickau lors de la désormais célèbre et incontournable réunion annuelle internationale des clubs TRABANT en juin (d'ailleurs rendez-vous en juin 2000). Une dizaine de TRABANT furent nominées et leurs propriétaires reçurent comme souvenir une Tour Eiffel (hauteur 15 cm seulement) plus une bouteille de Champagne brut "Cuvée spéciale du Club Euro Trabi" avec une superbe étiquette "TRABANT devant la Tour EIFFEL" (bouteille en vente au Club, il en reste quelques-unes, nous contacter). Cette joyeuse cérémonie festive se termina par l'ouverture "d'un bar à vin rouge à volonté" improvisé sur une planche installée entre deux TRABANT, gros succès auprès des berlinois présents, les autres ayant eu le tort d'être absents.

Mardi 9 novembre 1999 - 19h00 - Karl MARX Allee - Berlin
Pour terminer en apothéose cette journée historique, riche en rebondissements, un dernier rendez-vous fut fixé cette fois du côté Est de Berlin, sur la célèbre Karl Marx Allee (encore un nouveau symbole, diront certains) Pourquoi ce rendez-vous à 19h00 du côté est ? Pour deux raisons principales : la première pour permettre à nos camarades travailleurs de nous rejoindre après la sortie des usines (et des bureaux) avec leur TRABANT près de la fameuse Alexander Platz, deuxièmement parce que de ce côté-ci de Berlin la Police semble plus conciliante à l'égard des TRABANT. Les discussions allèrent bon train et notre slogan "Propriétaires de véhicules de tous les Pays d'Europe de l'Est, unissez-vous !" n'était pas un vain mot sur cette Karl Marx Allee entre les propriétaires de TRABANT et autres WARTBURG. A ce moment précis de la journée, les observateurs accrédités par le Club et encore en état d'observer, observèrent jusqu'à 120 TRABANT. D'où le titre plagié de ce compte-rendu : "Nous partîmes cinq de Paris mais par un prompt renfort nous nous vîmes 120… à Berlin". En fin de soirée, plusieurs participants retournèrent à la Porte de Brandebourg pour assister aux manifestations officielles organisées par la Municipalité de Berlin, vous savez BUSH, GORBATCHOV, Scorpions, etc.… Apparemment ils ont eu tort de quitter notre fête car selon les commentaires de la presse berlinoise du lendemain matin : pas terrible et ambiance tiède, quel dommage.

J'avais raté, comme beaucoup de monde, le 9/11/89 cela explique, en partie, pourquoi je voulais être à Berlin 10 ans après. Les circonstances ont fait depuis, grâce à la création du Club Euro Trabi, que nous ayons pu faire ce voyage en TRABANT ce qui ajoute une certaine dimension à ce périple. Aventure extraordinaire qui a été rendue possible grâce à la complicité de quelques personnes, un très très grand merci à Andreas, Paul, Vladimir, à la "Polizei" et à bien d'autres encore. Merci aussi à tous les participants français et étrangers qui ont osé relever le défi. Je suis certain qu'ils garderont très longtemps un bon souvenir de ces 2.206 km en 2 temps (*).

Claude MARTIN / Club Euro Trabi - le 2/12/99 ©

(*) Chiffre valable uniquement pour les Parisiens, les autres heureux participants ont parcouru beaucoup moins de kilomètres ! A bientôt pour d'autres aventures.



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