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Le Coupé P70 ne passait absolument pas dans le paysage de la DDR des années 50. Il était non seulement très cher, mais également trop luxueux. A elle seule la dénomination Coupé qui indiquait qu'il s'agissait là d'une voiture sportive qui, avec ses sièges avant étroits et sa banquette arrière réduite à sa plus simple expression, n'avait rien d'une voiture familiale telle que la souhaitait les dirigeants politique de l'époque.
Partout où elle apparaissait, elle se faisait particulièrement remarquer par sa ligne élancée due à son pavillon fortement incliné vers l'arrière. Elle reçut rapidement le surnom de Porsche de l'Est Aujourd'hui encore elle attire les regards dans les réunions d'anciennes.
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Cette voiture présente la particularité de faire le lien entre une technique d'avant-guerre surannée et une technique avant-gardiste pour son époque. En effet la carrosserie révolutionaire entièrement synthétique reposait sur un squelette en bois déjà très démodé. Une telle construction pose aujourd'hui d'énormes problèmes de restauration. Il est en effet très difficile de trouver un artisan cappable de refaire la centaine de pièces en bois qui constituent l'armature. La fixation des panneaux de Duroplast sur cette armature n'est pas non plus chose facile et était déjà du temps de sa production un des points les plus difficiles à résoudre. Par ailleurs la ligne sportive et moderne pourrait laissait penser que sous le capot se cache une technologie innovante mais il n'en est rien. Le bicylindre 2-temps est celui de l'IFA F8, lui même issu des DKW d'avant-guerre. Les freins sont encore à commande par câbles !
Malgré tous ces défauts, c'était une voiture élégante et confortable. Les vitres latérales, commandées par manivelle, descendaient complétement, un combiné ventilateur-chauffage permettait d'avoir de l'air frais en été et un dégivrage efficace en hiver. L'intérieur était habillé de vrai cuir brun-rouge et de velour cottelé de même couleur. Les sièges, également en cuir, invitaient à la conduite.
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Le moteur 2-temps de 684cc développait 18cv. Accouplé à une boite 3 vitesses non synchronisées, il permettait d'atteindre les 100 km/h, ce qui n'était déjà pas si mal compte tenu du poids de la voiture qui, malgré sa carrosserie syntétique, pesait tous plein faits, 875kg. Ces performances peuvent paraitre faibles pour une voiture à vocation sportive, mais n'oublions pas que la plupart des véhicules de la même époque atteignaient difficilement les 90 km/h.
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Une autre particularité intéressante du Coupé P70 était sa lunette arrière. Dans les années 50 un Coupé se devait d'avoir une lunette arrière panoramique mais cela demandait une grande résistance en raison des tensions auquelles elle était soumise. C'est pourquoi les ingénieurs décidérent d'utiliser, tout comme pour la Wartburg 311 Coupé produite à la même époque, un tout nouveau verre, le Securit qui est aujour'hui bien connu, mais qui représentait alors une réelle innovation. Cependant il coutait extrémement cher. Ce type de verre avait était mis au point dans les années 30 par une verrerie d'Aix-la-Chapelle mais ne fit son apparition sur des voitures qu'à partir de 1955. Aucune verreries de l'Est n'étant en mesure de le produire, il fallait le faire venir de l'Ouest et il y eut souvent des retards de livraison en raison des tensions politiques continuelles.
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Cette voiture était le symbole des contraintes économiques que rencontraient les ingénieurs dans leurs tentatives de créer de nouveaux véhicules.
Durant les deux années de production seulement 1500 Coupés furent construits. Il faut dire que l'ensemble du projet P70 n'était pour les bureaucrates du Parti qu'une solution intermédiaire. A peine la production en série avait-elle débutée que déjà le bureau d'étude devait s'investir dans le développement du modèle suivant, la P50.
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