L'usine d'Eisenach deviendra
tout d'abord EMW (Eisenacher Motoren Werke) puis WARTBURG. L'usine Auto-Union
de Zwickau deviendra SACHSENRING (Trabant n'étant qu'un modèle de cette
marque). Ces deux marques devant être par la suite intégrées au sein
de l'I.F.A-Kombinat (I.F.A. = Industrieverband Fahrzeugbau der DDR).
En 1947 les instances
du Parti Dirigeant décide la construction d'une voiture qui devait être
à l'Allemagne Démocratique ce qu'était la Volkswagen à la Zone Ouest
(on ne parlait pas encore de R.F.A.. ni de R.D.A..!). Le cahier des
charges ressemble étrangement à celui de notre Deudeuche nationale.
Jugez-en plutôt :
A ces trois critères
s'en ajoutait un autre bien plus contraignant : faire avec les moyens
du bord. Comprenez par là que les ingénieurs avaient à faire face à
une pénurie de matières premières dû, d'une part aux suites de la guerre
et d'autre part à la volonté des instances dirigeantes de ne pas dépendre
d'importations des pays "capitalistes".
C'est
surtout la carrosserie qui posera problème. Devant l'absence de tôles,
les chimistes mettent au point, après beaucoup de tâtonnements, un produit
dérivé de la distillation du charbon : le phénol. Lorsqu'on enduit de
ce produit des toiles de coton et qu'on comprime le tout à chaud
à de très fortes pressions, l'ensemble donne une plaque
rigide. On peut facilement créer des formes variées en plaçant les toiles
de coton sur des moules. Il y a malgré tout quelques inconvénients :
les plaques sont cassantes et brûlent (bien que difficilement) en dégageant
des fumées fortement chargées en soufre. Le matériau fut nommé "Duroplast".
A noter que les premières voitures à être carrossées
avec ce matériau furent les IFA F8.
Pour la motorisation,
ils puisèrent dans leurs cartons : avant la guerre la marque Auto-Union,
elle-même issue de D.K.W., produisait déjà un excellent moteur 3 cylindres
2 temps de 700 cc àrefroidissement à eau. Celui-ci fut
repris par les ingénieurs est-allemands et donna le moteur de la P70,
l'ancêtre de la TRABANT, dont 36 000 exemplaires furent fabriqués de
1955 à 1959 ( Plus tard ce même moteur équipera la WARTBURG ). Cette
voiture avait une carrosserie rondouillarde en plastique sur une ossature...
en bois montée sur un chassis ! Elle porte le nom exact
de AWZ P70 (AWZ pour Automobile Werke Zwickau).
En
1956 est présentée la P50 qui reprend, en plus petit, les formes rondes
de la P70. Trois différences notables cependant : elle possède une ossature
autoporteuse en métal (en remplacement du chassis et ossature bois),
son moteur a été amputé d'un cylindre par souci d'économie et son refroidissement
et à air (gain de poids). Sa cylindrée n'est plus que de 500
cc pour une puissance de 18 CV. C'est le 4 octobre 1957 que la P50 prendra
officiellement le nom de TRABANT (qui signifie "satellite"
en allemand). En effet ce jour là le Grand Frère Soviétique vient de
mettre en orbite le premier Spoutnik ("satellite" en russe).
A la même époque, les usines AWZ prennent le nom de "SACHSENRING
Autobile Werke". C'est le 7 novembre 1957, jour
anniversaire de la révolution de 1917, que la première TRABANT sortira
des chaînes de constructions. Cependant la production ne démarrera que
le 1er août 1958 avec plusieurs mois de retard (les premiers d'une longue
série !). Il fallait alors 400 heures pour produire une voiture.
La Trabant se décline en deux versions : une limousine deux
portes et un break trois portes dénommé "Kombi".
En 1961, la cylindrée
est portée à 594 cc et la voiture devient la P60. Elle est le plus souvent
bicolore.
En 1964, on décide en Haut Lieu de "rajeunir
la Trabant". La base reste la même, seule la carrosserie change
: les nouvelles formes sont plus anguleuses et rappellent vaguement
celles de la 404 Peugeot (elle-même copiée sur l'esthétique de l'époque
outre-Atlantique !). La voiture devient la P 601. Elle est déclinée
en deux versions : berline et break. Le break
porte
la dénomination UNIVERSAL. Ces deux modèles resteront pratiquement inchangés
jusqu'à la fin
de la production, le 24 avril 1991, soit 2 ans après la chute
du Mur. La dernière voiture sortie de l'usine fut offerte au
chanteur Udo LINDENBERG, pour le remercier de ses prises de positions
en faveur de la réunification.
Durant toutes ces années,
les retards de productions s'accumulent et on atteindra des délais de
livraisons records : de 10 à 15 ans !
Et ces délais s'allongeaient d'année en année.
Quelqu'un a même calculé que ceux qui avaient passés
commandes en août 1989, peu avant la chute du mur, auraient du
attendre leur voiture............. 48 ans !
Le prix de base avait
été fixé au début de la production ( en
1956 ) à 1 000 Mark (Est). Ce prix était
censé rester immuable d'après les Instances Dirigeantes
(on n'était pas dans un pays capitaliste soumis à la loi
du marché, n'est-ce pas ?). C'est pourquoi on eut recours aux
"options" pour faire monter le prix : officiellement
la Trabant coûtait toujours 1 000 Mark "hors options".
En réalité, en 1980 le prix moyen d'une Trabant neuve
variait, selon les options choisies, de 6 500 Mark à
8 500 Mark. Parmi les options les plus courantes on peut citer :
- Peinture spéciale
"brun Sahara" au lieu de "jaune Sahara" ou encore
"jaune clair Sahara". A vrai dire la différence entre
toutes ces teintes n'était pas réellement visible (sauf
sur la facture !)
- Volant "spécial"........mais un volant "normal"
n'existait pas !
- Ceintures de sécurité..............mais sans les
ceintures, le véhicule ne pouvait pas être immatriculé !
- Sièges "Confort"............mais il n'y en avait
pas d'autres !
- Jantes normales ou jantes "spéciales". De toutes façons les jantes étaient en options mais difficile de s'en passer !!
On trouvait ainsi toute
une série d'options plus ou moins farfelues et auxquelles on
ne pouvait échapper (même les roues étaient en options
!). Tout ceci faisait que le prix des véhicules d'occasions était
identique, voir même supérieur à celui d'un véhicule
neuf !
Un très petit nombre
de véhicules (exactement 34 332) furent exportés vers la Hollande, la
Belgique, le Danemark et la Finlande et surtout l'Islande où
le refroidissement à air était très apprécié.
979 unités furent même exportés chez le voisin capitaliste, la
R.F.A. C'est justement avec la R.F.A., plus précisément avec Volkswagen,
que des accords sont conclut à la fin des années 80 pour la livraison
d'ensembles trains AV et moteur de la Polo. Ceux-ci équiperont une série
de Trabant spécialement modifiées pour recevoir cette transplantation
et qui seront commercialisées à partir de septembre 1989, parallèlement
au modèle 2 temps, sous la dénomination TRABANT 1,1 L.
Au cours de toutes ces
années, de nombreux modèles
aux lignes plus modernes furent conçus dans les bureaux d'études.
Mais hélas, sous la pression des instances dirigeantes, ils ne
furent jamais produits.
Après la chute
du Mur, le 9 novembre 1989, la production continue car la R.D.A existe
encore et beaucoup pensent qu'elle subsistera. Mais le 3 octobre 1990,
le gouvernement se saborde et déclare le rattachement définitif
à la R.F.A. L'usine Sachsenring continue pendant quelques mois
dans l'espoir d'une reprise par un concurrent de l'Ouest. Désuète
et non rentable, elle n'intéressera personne et la production
est officiellement stoppé le 24 avril 1991. Mais ce n'est que six jours plus tard, le 30 avril 1991, que
la dernière TRABANT sort des chaînes de montage :
c'est un modèle "Universal 1,1". Les ouvriers ont tenu à finir les voitures qui étaient déjà
sur les chaînes.
Tout modèles
confondus, l'usine aura produit 3 096 099 véhicules
dont 2 819 663 "P601".
(Voir les chiffres de production).
Aujourd'hui,
à Zwickau, on produit ...... des Volkswagen !
MAIS LA
MARQUE "SACHSENRING" N'EST PAS MORTE !
En 1992,
la "Sachsenring Automobilwerke Zwickau GmbH" est enregistrée comme fabricant
de pièces de rechange et accessoires au registre du commerce de Chemnitz.
Elle sera reprise en 1993 par les frères Rittinghaus qui la remanieront
et la développeront pour en faire un producteur de pointe de
modules pour l'industrie automobile.
En 1996,
la "SACHSENRING Automobiltechnik GmbH" (SARL en français -NDT) devient
"SACHSENRING Automobiltechnik A.G." (Société par actions).
En 1997, entrée en Bourse
sur le Nouveau Marché, rachat de "TRASCO FAHRZEUGE". Plus de 1 000 employés
travaillent dans le respect de la tradition pour un nouvel avenir.
Voir
l'historique détaillé de la marque.

Le prototype Uni
1 continue de porter fièrement le logo "Sachsenring"