On
s'est beaucoup moqué de la TRABANT et on en rit souvent
encore aujourd'hui (surtout à "l'OUEST" !),
MAIS....
car
il y a un "mais...",
.....à bien
y regarder, elle n'est pas si ridicule que ça cette voiture !
Lorsqu'elle sortit en 1964, la P601 était plus puissante
et plus rapide qu'une 2CV Citroën (23 cv et un couple
de 5,2 pour la Trabant contre 16 cv et un couple de 2,8 pour
la 2CV Citroën), pour une consommation moyenne largement en
dessous de celles auxquelles on était habitué à
l'époque : une 4CV Renault (et sa petite sur la
R4) vous avalait gaillardement ses 8 litres au cent pour des performances
comparables. Et je ne vous parlerai pas des plus grosses qui flirtaient
avec les 12 litres au cent.
Elle offrait un confort qui, mesuré au standard actuel, peut
paraître rudimentaire, mais la Trabant avait déjà
de vrais sièges quand la Renault 4 se contentait de
sièges en tube mal rembourrés (avez-vous déjà
fait 500 km dans une R4 ?). On pouvait mettre son coude
à la fenêtre (vous avez déjà essayé
dans une R4 ?), qui plus est sans risquer l'amputation (vous
avez déjà essayé dans une 2 CV ?).
Son coffre à bagages, bien qu'il soit volumineux (pour la taille
de la voiture), n'est pas très accessible me dirait vous,
on a du mal à y faire rentrer une grosse valise, ou alors
en travers... Oui, mais on la fait rentrer quand même !
Essayez donc dans une VW Coccinelle ! Vous y mettrez la valise,
mais quand à refermer le coffre, c'est une autre histoire......
Et de plus elle fut
novatrice sur plus d'un point. N'oublions pas que ce fut :
- la première voiture à carrosserie entièrement
synthétique, bien avant la Méhari.
- la première voiture à moteur transversal avant,
bien avant la Mini Cooper.
Quand à la
carrosserie, l'esthétique et la pureté des ses lignes
(si, si, j'insiste !) n'ont rien à envier à des
berlines beaucoup plus prestigieuses et devant lesquelles on se
pâme encore aujourd'hui. Vous ne me croyez pas ? Eh bien
cliquez donc ICI
et comparez ! Certes la finition et le luxe ne sont pas comparable......
mais le prix non plus !!
De plus, elle était
(elle est toujours) d'un entretien facile : pas de soupapes
qui se déréglent, pas d'antigel qu'on oublie, pas
de vidange, pas besoin d'un palan pour sortir le moteur... Une clé
de 13, un tournevis, une pince et un bout de fil de fer suffisent
pour la plupart des dépanages. Et quand ça devient
vraiment grave, n'importe quel charron (et je pèse mes mots)
est capable de vous sortir d'affaire avec un morceau de ferraille
et 4 boulons. Vous ne me croyez pas ? Regardez donc une réparation
de fortune faites sur le bord de la route après une rupture
d'essieu arrière et vous me direz si vous pouvez en faire
autant avec votre Mercenaultroën 6 cylindres......
En fait son seul
vrai défaut c'est de n'avoir pas évolué avec
le temps. Quoi qu'en y regardant bien, il y en a d'autres qui n'ont
pas évolué non plus (ou alors si peu..) et dont on
se moque beaucoup moins, voir même qui sont devenues des voitures
"branchées". Vous voulez des noms ?
2CV Citroën
(encore elle). Ah ! la deudeuche, qui n'en a pas dans ses souvenirs ?
Souvent la première voiture qu'on a conduite. Réputée
increvable, mais on refaisait le moteur régulièrement,
ou bien les ailes tombaient toutes seules, sans compter cette bâche
de toit qui fuyait sous la pluie...... Souvenirs, souvenirs...
Renault 4, plus connu
sous le nom de 4L. Un peu la même histoire.
VW Coccinelle. Alors
celle-la, elle est carrément devenue tellement mythique que
VAG (comme on dit maintenant) nous en ressort une pâle copie
absolument innommable (enfin, c'est mon avis...). Et pourtant c'était
un gouffre à essence, elle n'avait pas de coffre (ou alors
si peu), il fallait être contorsionniste pour accéder
aux places arrières, le chauffage était quasiment
inexistant, le moteur était bruyant (Paris-Frankfort d'une
traite, et vous étiez sourd à l'arrivée), j'en
passe et des meilleurs.
Alors
je vous en prie, un peu plus d'indulgence pour la Trabant, elle
l'a bien mérité...........
Signé
"Comité de soutien aux voitures mal aimées"
c/o le Webmestre Jean-Luc BONICOLI