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  Wartburg 353 "New Line"  
     

 


ou l'histoire d'une tentative de survie...

Après la chute du Mur, la plus part des usines continuent de fonctionner tant bien que mal. Tout le monde veut croire qu'elles seront reprises. Certes on est alors conscient que des améliorations seront nécessaires et souvent on tente de précéder cette démarche pour essayer de se mettre au niveau des entreprises de l'Ouest.

Ce fut le cas des usines "WARTBURG".
Wartburg produisait des voitures qui, sans être des voitures de luxe au sens où on l'entendait à l'Ouest, représentaient tout de même la gamme moyenne sinon le haut de gamme en matière d'automobile.
D'un prix nettement supérieur à celui d'une Trabant, elles étaient aussi plus confortables et mieux équipées. Leur finition et équipement correspondait à celui d'une Renault R5 d'entrée de gamme de la même époque. Mais la production restait archaïque. Par exemple les châssis n'étaient pas fabriqués dans l'usine de montage final d'Eisenach. Ils arrivaient par chemin de fer, mais comme l'usine n'avait pas de raccordement à la voie ferrée (et pour cause puisqu'elle était pratiquement à l'opposé de la ville !), il fallait les transborder sur des remorques tirées par des tracteurs agricoles et leur faire traverser ainsi toute la ville. Ce qui n'allait pas sans difficultés, surtout l'hiver. De plus des retards de trains occasionnaient des retard d'approvisionnement des chaînes de montages et ainsi de suite........

Cependant déjà une première modernisation avait eu lieu quelques années auparavant avec des accords entre Wartburg et Volkswagen (encore eux !). Les chaînes de montages avaient été améliorées. Les moteurs 2T avaient été remplacés par des 4T de VW Golf, plus modernes et plus performants. La fabrication des boites de vitesses faisait appel à des technologies de pointe jusqu'alors quasiment inconnues à l'Est, ou qui tout au moins n'étaient pas appliquées pour cause de lourdeur bureaucratique.

A la chute du Mur, la Direction des usines Wartburg, consciente que la lutte pour rester sur le marché allait être rude, se sentit plus libre et pris l'initiative de faire appel à un préparateur de l'Ouest pour améliorer ses voitures tant sur le plan esthétique que mécanique. C'est IRMSCHER de Remshalden près de Stuttgart qui remodèlera la Wartburg pour la rendre plus conforme aux attentes de la clientèle qui découvre les "splendeurs" de l'Ouest. On lui doit de nombreuses réalisations sur des voitures aussi prestigieuses que Mercedes ou BMW ! Autant dire une référence.

Et le résultat sera à la hauteur. Jugez-en plutôt : les pares-chocs sont agrandis dans le look américain, un spoiler avant et un béquet arrière donne une touche sportive qui est complétée par des sièges baquets "Recaro" et un petit volant sport. La garde au sol est abaissée de 25 mm pour une meilleur tenue de route. Déjà pourvu, suite aux accord passés quelques années plus tôt avec VW, d'un moteur 4 temps (celui de la Golf) et de freins à disque, la Wartburg se voit gratifiée de superbe jantes alu de 6x14 sur lesquelles sont montés des pneus taille basse de 185/60 HR 14. Peinture extérieure et décoration intérieure sont en deux tons rouge et noir du plus bel effet. Et en fin, pour couronner le tout et pour être sur de plaire au public ouest-allemand très sensible sur l'environnement, la Wartburg est équipée d'un pot catalytique (qui a dit "catastrophique"?). Pour avoir vu le dernier exemplaire sorti des chaînes de montage et actuellement exposé au Musée de l'Automobile d'Eisenach, je peux vous assurer que cette voiture était parfaitement capable de rivaliser avec les Golf et autres Ibiza, sans parler d'une certaine R5. Mais peut-être était-ce là son véritable défaut !

Car hélas tout ces efforts ne sauveront pas la marque pourtant si chargée d'histoire. Volkwagen se montrera un moment intéressé par une éventuelle reprise mais abandonnera (peur d'une concurrence ?), BMW ne saisira pas la chance historique de revenir dans une ville qui fut, avant guerre, l'un des bastions de sa production. Finalement ce sera OPEL-GENERAL MOTOR qui décidera de s'installer à Eisenach. Mais une nouvelle usine sera construite (la plus moderne du Groupe dans le monde !). OPEL profitera surtout de pouvoir embaucher une main-d'oeuvre qualifiée à moindre coût et de subventions faramineuses (sans compter la visite du Président Clinton pour l'inauguration)(avec ou sans Monika ?). La fermeture des usines WARTBURG donnera lieu à des scènes déchirantes, car, après avoir eu beaucoup de promesses, les ouvriers qui avaient tout fait pour sauver leur usine, symbole d'un passé glorieux, se sentait floués.

Si un jour vous passez par Eisenach, visitez donc le Musée de l'Automobile et regardez la vidéo qui relate tout ces événements, c'est édifiant !

 

 



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